Marseille, Benoît PAYAN contre les Airbnb.

Les ‘Airbnb et autres Booking’ ne sont plus les bienvenus à Marseille. La mairie de la deuxième ville de France affirme s’organiser contre « les problématiques majeures auxquelles Marseille doit faire face », en particulier « le développement abusif des meublés de tourisme. » Depuis plusieurs semaines, l’ancien socialiste Benoît PAYAN durcit le ton face aux propriétaires de ce type de logements, jusqu’à promettre de prendre la réglementation la plus stricte en la matière.
« Je vais interdire à des gens dont la résidence secondaire devrait servir à de la location normale, pour que tout le monde puisse se loger, de mettre leur logement sur Airbnb. » « Ils ne pourront le faire qu’à une condition : racheter un logement et le mettre en location traditionnelle. »
Selon l’adjoint au maire de Marseille en charge du Logement, Patrick Amico, cette nouvelle réglementation sera adoptée lors d’une délibération au conseil municipal « avant la fin de l’année ». « Lorsque nous sommes arrivés à la mairie, nous avons trouvé une situation hallucinante, on pouvait avoir pour une durée de six ans renouvelable jusqu’à cinq résidences secondaires en Airbnb.
En 2021, on a modifié une première fois le règlement, en restreignant à une seule résidence sans compensation pour une durée de quatre ans non renouvelable. Mais on continue à avoir des dérives sur l’ensemble du territoire. »
Une brigade assermentée pour remettre de l’orde
Après la création d’une brigade de six agents assermentés en 2023 qui ont permis de repérer plus de 1500 annonces invalides selon la mairie, « Nous avons un besoin de 4500 logements par an et le plan local d’urbanisme prévoit la construction de 3500 logements annuels ».
« Trouver une location à Marseille relève aujourd’hui du parcours du combattant. Il n’est pas rare d’avoir 20 dossiers pour un seul appartement. On a même aujourd’hui des locataires qui sont prêts à prendre des appartements sans les avoir visités. »
La mairie de Marseille espère par son nouveau dispositif réguler le marché locatif traditionnel qui serait phagocyté par les plateformes de locations type Booking et consorts.
Pénurie de logements
« Le phénomène Airbnb a pris de l’ampleur il y a deux ou trois ans, avec une grande majorité des acquéreurs de petites surfaces dans le centre-ville qui faisait de l’Airbnb, rapporte Isabelle Girard. Maintenant, avec cette décision de la mairie et le changement fiscal annoncé par le gouvernement sur le sujet, je pense que ça va complètement stopper la masse des Airbnb. »
« Airbnb a remodelé certains quartiers entièrement, comme celui du Panier, où personne ne voulait vivre il y a quinze ans et qui est aujourd’hui complètement rénové, car des marchands de bien ont eu la capacité de faire des investissements, notamment sur les façades », plaide Alexandre Augusto.
« Il faut rappeler qu’Airbnb est aussi un moyen pour des retraités d’avoir un complément de retraite, souligne la conseillère municipale LR d’opposition Laure-Agnès Caradec.
En 2023, Marseille était dans le collimateur de l’État pour n’avoir réalisé que 38% de ses objectifs de logements sociaux depuis 2020.
Le point de vue de KBConciergerie
À tort ou a raison les plates-formes de locations saisonnières sont jugées responsables d’une situation du logement qui échappe totalement aux pouvoirs publics.
De là à parler du bouc émissaire, il n’y a qu’un pas. Cela ne change rien aux résultats, Airbnb et consorts sont dans le collimateur des politiques et des associations, il faut se préparer à une action forte de leur part.
KBConciergerie et son équipe de juristes sont à votre service pour fournir des solutions alternatives, préserver vos intérêts et garantir vos revenus. N’hésitez pas à nous consulter.