Emmanuel GREGOIRE : Nouvelle réglementation à craindre.

Emmanuel GREGOIRE : Nouvelle réglementation à craindre.

L’élection d’Emmanuel Grégoire va marquer un durcissement historique de la réglementation sur les locations touristiques à Paris. Sa promesse de campagne la plus emblématique est sans équivoque : « Avec moi, à Paris, Airbnb, c’est fini ! » . Cette déclaration traduit une volonté de transformer radicalement le marché locatif parisien.

Voici les conséquences potentielles détaillées pour la politique Airbnb.

1. Une nouvelle doctrine : du tourisme vers l’habitat permanent

Le nouveau maire ne souhaite pas seulement mieux réguler, il entend redéfinir la vocation des logements parisiens. La priorité absolue est de « revenir à la vocation initiale des logements : héberger des résidents permanents » .

· Objectif chiffré : L’équipe municipale vise à remettre 100 000 logements sur le marché de la location longue durée. Cela inclut la lutte contre les résidences secondaires et les meublés touristiques permanents qui échappent à la réglementation .
· Ciblage des résidences secondaires : Emmanuel Grégoire souhaite interdire la création de nouvelles résidences secondaires et taxer plus lourdement les existantes, afin de décourager l’achat d’appartements uniquement dédiés à la location saisonnière .

2. Des moyens de contrôle renforcés : la « brigade de protection du logement »

Pour faire appliquer cette politique, la mairie ne compte pas uniquement sur les amendes existantes (qui peuvent déjà atteindre 50 000 € à 100 000 € pour location illégale) . Emmanuel Grégoire a annoncé la création d’une « brigade de protection du logement » .

Cette unité spécialisée aura pour mission de traquer les « dizaines de milliers de meublés touristiques illégaux », en particulier les logements qui sont en réalité des résidences secondaires mais qui sont loués comme s’il s’agissait de résidences principales pour contourner la limite légale de 90 nuits par an .

3. L’expérience internationale : un risque d’effets de bord ?

La détermination de la nouvelle équipe municipale est telle que certains commentateurs évoquent un possible « effet New York » . En 2023, la ville de New York a mis en place une réglementation similaire extrêmement stricte, qui a quasiment fait disparaître les annonces Airbnb.

Les conséquences observées outre-Atlantique, et que certains redoutent pour Paris, sont les suivantes :

· Hausse des prix hôteliers : Sans la concurrence des locations touristiques, les hôtels ont augmenté leurs tarifs. Une étude académique citée dans la presse a estimé cette hausse entre 14 et 19 dollars par nuit .
· Absence de baisse des loyers : Malgré la réduction drastique de l’offre touristique, les loyers à New York n’ont pas baissé, la pénurie structurelle de logements n’étant pas résolue par cette seule mesure .

Cette analyse suggère que si la mesure est très populaire chez les Parisiens en quête de logement, elle pourrait entraîner une augmentation des prix dans le secteur hôtelier et ne pas suffire à faire baisser les loyers à elle seule.

4. Conséquences pour les investisseurs et propriétaires

Pour les propriétaires, la donne change radicalement. Le modèle économique de l’investissement locatif touristique à Paris devient beaucoup plus risqué et contraignant :

· Fin du « Airbnb permanent » : Louer toute l’année un appartement qui n’est pas sa résidence principale deviendra quasiment impossible sans une autorisation de changement d’usage, qui est désormais très difficile à obtenir et coûteuse (compensation obligatoire de 300 à 500 €/m²) .
· Une fiscalité moins attractive : En parallèle, la fiscalité des meublés de tourisme non classés (la majorité des Airbnb) s’est durcie au 1er janvier 2026, avec un plafond de recettes abaissé à 15 000 € et un abattement forfaitaire réduit à 30 %, les rendant moins rentables que la location longue durée .

En résumé, l’élection d’Emmanuel Grégoire se traduira par un passage de la régulation à une politique de réduction volontariste de l’offre .

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